samedi 30 janvier 2010

Commençons par un premier texte : "Changer de société, refaire de la sociologie" par Bruno Latour

Dans Changer de société, refaire de la sociologie (La Découverte, 2006), Bruno Latour présente une critique systématique de la sociologie telle qu’elle se fait et se pratique depuis Durkheim jusqu’à Bourdieu. Il revient en effet aux origines de la discipline, avec pour « champions » Gabriel Tarde (1843–1904) surtout, mais aussi John Dewey (1859–1952) et Harold Garfinkel (1917–), pour reprendre et interroger à nouveau les intuitions de l'émergence de la sociologie. Qu’est-ce qui semble nous tenir ensemble et fait de nous un collectif ? L’erreur, selon Latour, a été de croire en une force invisible, et d’établir de fait une substance liante et unifiée qui nous englobe a priori dans une société. Ainsi, nous en sommes arrivés à des explications tautologiques : le social (ou la société) explique le social (p17) ; substituant l’incertitude première du chercheur par la règle : le monde social existe toujours déjà (p. 54). C’est pourquoi Latour retourne à ses classiques pour répondre à sa propre intuition. L’hétérogénéité du monde a été trop vite résolue, ou plutôt, le monde « social » a été trop vite limité. La science du social ne permet pas de rendre compte d’un grand nombre de phénomènes, et ce, du fait de la conception même de ce qu’est le social. Cette intuition, il l’a principalement développée dans ses études sur la science (pp. 134-143). Une sociologie de la science était alors incapable de se confronter aux vérités qui s’y établissaient. Elle prenait l’alternative d’une sociologie de la recherche et des scientifiques, s’intéressant aux activités des chercheurs et des institutions, aux modes de légitimation des résultats de recherche et aux rapports de pouvoir, sans jamais pouvoir toucher à la fabrication des vérités scientifiques, à sa technicité, aux « aspects cognitifs, objectifs et éternels des résultats irréfutables de la science » (p. 137). Pour Latour, si tel est le cas, c’est la sociologie dans son ensemble qu’il faut réviser :
C’est pourquoi il en arrive à la conclusion que : 
« il faut transformer l’impossibilité de fournir une explication convaincante des faits scientifiques en la preuve, non pas que la sociologie des sciences était destinée à échouer, mais que c’est l’ensemble des théories de la société qu’il faut reprendre » (pp. 138-139)
C’est pourquoi il en arrive à la conclusion que :
« le social n’a jamais rien expliqué puisque c’est lui qu’il s’agit d’expliquer. Autrement dit, c’est la notion même d’explication sociale qui est en cause. » (p. 139)
Contrairement à ce que certains ont pu déduire de sa méthode sociologique, Latour n’est pas un constructiviste radical, ni un relativiste anarchiste. Comme les pionniers de la sociologie, il prend modèle sur la pratique scientifique dans tous ces aspects et peut-être plus loin. À la « sociologie du social », Latour propose l’alternative de la « sociologie de l’acteur-réseau » (ou ANT pour Actor Network Theory). Avec elle, il s’emploie à « proposer d’autres repères » (p. 29), à réintroduire de la relativité, de l’étonnement et de la lenteur dans le cheminement de la découverte scientifique. Dans tout son ouvrage, il examine plusieurs concepts fondamentaux de la tradition sociologique pour comprendre leurs failles, leurs limites et rétablir quelques nuances essentielles dans les définitions. Qu’est-ce que le social, la société, le collectif ? Qu’est-ce que signifient les oppositions objectif/subjectif ; macro/micro ? Qu’est-ce que l’on étudie et comment ? De quoi est fait le monde que l’on étudie ? Le premier principe de la sociologie de l’acteur-réseau que l’on peut d'ores et déjà énoncer est celui de la platitude. « Le monde social est plat ! » proclame Latour. Cela ne signifie par que tout doit à présent s’équivaloir, qu’il n’y a plus d’échelle de valeurs. C’est un principe d’aveuglement du termite pour ne pas tenir pour acquis les dimensionnements produits et maintenus (p. 250). Et parce que le monde social est plat, le sociologue ne peut accéder qu’à la surface des choses. Il n’y a pas de vérité cachée. Tout doit être visible à l’œil nu. C’est un principe méthodologique, un principe de point de vue.
 Chaque nuance que Latour introduit dans les concepts et les points de vue ajoute un peu plus d’incertitude, d’évidement pour laisser la place à la surprise des événements. Un exemple d’évidemment est le concept de « groupe ».  C’est un concept vide (p. 255) qui ne permet d’anticiper sur aucune forme, aucun contenu. Un autre exemple de nuance conceptuelle est l’opposition macro-micro, où la nuance se situera dans la nature de l’ordre de grandeur. Dans la définition usuelle, la macro contient le méso qui contient le micro. Elle détermine une échelle de pouvoir allant de la simple interaction entre deux individus (micro) à la structure du capitalisme (macro). Latour propose de réviser ces termes en nombre de connexions, de liaisons entre les choses, et non d’espace. Ce qui a le plus de connexions est grand, ce qui en a le moins est petit. Dans son propre outillage théorique, Latour privilégiera des concepts dynamiques, des concepts qui permettent de décrire des mouvements, des modes d’action plutôt que des concepts qui identifient (« ce qui est ») ou qui font système. C’est pourquoi il privilégie l’étude des innovations et des controverses, au « pic » de l’activité. Une distinction conceptuelle importante est celle d’« intermédiaire » et de « médiateur ». Pour Latour, l’intermédiaire est un support. Il n’a aucune capacité d’action autre que de faire passer. Il est non-agissant. Le médiateur, au contraire, est agissant, permet, suggère, autorise. Il a une capacité d’influence. C’est celui-ci que le sociologue doit s’efforcer de traquer.
Il établit ainsi cinq « sources d’incertitude » à travers lesquelles il passe en revue un certain nombre d’apories sociologiques. Tout d’abord, sur la nature de groupement, des appartenances, des identités. Bien que cette référence ne soit pas mentionnée dans le livre, sa définition des frontières de groupe aux caractères dynamiques, changeants, provisoires, interdépendants et conflictuels est très similaire à celle formulée par Fredrik Barth sur les frontières des groupes ethniques[1]. Les cultures ou les forts sentiments de cohésion et d’appartenance sont des résultats et non des caractéristiques premières. Ces frontières forment des « anti-groupes », des catégories de marginalité, des différenciations, des oppositions. Mais surtout, ce sont les groupes et les individus, les « porte-parole » qui définissent les traits « objectifs » de différenciation et les alimentent. Ces porte-parole inclus les sociologues et leurs études, les journalistes et leurs publications. Pour Latour, ils font partie intégrante du conflit des significations alors que pour les sociologues du social, le regard en surplomb leur donne une position d’extériorité qui leur permet de nommer, d’identifier objectivement, « proprement » pourrait-on dire, sans influer sur le mouvement qu’ils observent.
La deuxième source d’incertitude est la place et la voix données aux acteurs. La difficulté de la sociologie, c’est que l’observateur est entièrement inclus dans le monde qu’il observe, et plus encore, il y participe. S’employer aux méthodes de la science « dure » est en réalité une première étape avant de s’apercevoir que nous aurons affaire, en sociologie, à des objets bien plus complexes à étudier du fait de cette inclusion. C’est sur cette question que se situe cette fois-ci l’opposition entre sociologie du social et sociologie de l’acteur-réseau. Pour cette dernière, il faut commencer par « rien », par la surprise, par une sous-détermination de l’action (p. 66) et non par des catégories préconditionnées. Les acteurs sont-ils des intermédiaires qui permettent d’accéder aux réalités cachées, aux forces invisibles de la société, ou sont-ils les médiateurs, c’est-à-dire des acteurs agissants portant un pouvoir d’action et donc porteur de leurs propres réalités ? Pour Latour : 

« l’acteur-réseau n’est rien d’autre que cette théorie qui a décidé de se fier aux indigènes plus qu’aux sociologues » (p89)
À cela, il ajoute une troisième source d’incertitude sur la nature de ces « indigènes » ou acteurs. C’est ce qu’on retiendra généralement de la sociologie insolite de Latour : les acteurs non-humains. On comprend mieux sa réserve quant au concept de « social ». Il ne permet pas d’englober l’ensemble des activités et des interconnexions qui ont lieu entre des individus et les choses, si l’on s’en tient à la définition classique du terme, le « social no1 ». Toute association, toute transformation n’est pas de nature sociale, n’est pas faite de matière sociale Or si l’on comprend le social (no2) en terme d’« associations », il permet d’inclure un plus grand nombre d’activités de toute forme et toute matière. Pour Latour, les choses ne sont pas que des intermédiaires (définis précédemment), mais aussi des médiateurs, capables d’« autoriser, rendre possible, encourager, mettre à portée, permettre, suggérer, influencer, faire obstacle, interdire et ainsi de suite » (pp. 103-104). Les choses peuvent être « à l’origine de l’activité sociale » (p. 105). Toutefois, chaque chose doit être situé sans confusion. Humains (acteurs) et non-humains (actants) ne pas équivalents ou « symétrique ». L’intérêt d’une telle inclusion dans le monde sociologique n’est pas de réconcilier le vivant et l’inerte, l’humain et la chose à la manière d’un film de science-fiction, mais de prendre en compte tout ce qui se présente et qui est susceptible d’agir, même le nouveau, l’étrange, l’exotique, l’archaïque ou le mystérieux (p. 115). Ainsi, la différence entre Durkheim (et Weber) et Tarde se situe dans cet hétéroclisme qui produit la société. Pour Durkheim, les sociétés sont des assemblages de liens sociaux. Pour Tarde, les sociétés sont « des faisceaux d’entités composites qui persistent dans le temps et l’espace » (p. 317).
La quatrième source d’incertitude est celle des faits indiscutables (matters of fact) et des faits disputés (matters of concern). L’expérience de la sociologie de l’acteur-réseau est donc, on l’aura compris, de « se passer de toute explication sociale » (p. 143), de tout fait établi, de tout a priori. Le monde reste à découvrir. La position du sociologue est d’abord celle de l’ignorant. S’il existe un a priori, c’est celui de la question. Chaque fait doit être disputé, discuté, questionné. Si la dispute se prolonge outre mesure, c’est, pour Latour, le signe que l’on a affaire avec un fait particulièrement complexe. Cette dispute est ce qui rend le social visible. De là, il est nécessaire de parvenir au plus grand ensemble de connexions et d’alliages qui l’entourent et l’alimentent dans ce qui compose son hétérogénéité comme sa stabilité et son unité apparentes. Un exemple éloquent est celui de la formation du sujet ou de l’individu comme confluence d’un grand nombre de connexions, de « subjectiveurs » ou d’« individualisateurs » (p. 314). Il revient au sociologue de retracer le maximum de connexion pour rendre compte avec un maximum de précision du processus de stabilisation, de persistance du sujet et de l’individu.
La dernière source d’incertitude concerne le moyen privilégié du sociologue de rendre compte de ses observations et enquêtes sur les assemblages, c’est-à-dire le compte rendu à proprement parlé, et son medium, l’écriture. L’écriture ne doit pas « avoir l’air » objective. Elle est objective quand elle est agissante et qu’elle parvient à rendre compte d’un grand nombre de médiateurs, à réassembler les traces laissées par l’activité, les connexions. Le meilleur travail sociologique est d’abord un travail d’écriture et un travail de description. Une bonne description est une description originale, car aucune association décrite ne peut se substituer à une autre. Mais surtout, une bonne description est une description qui se passe d’explication :
Il s’agit toujours de se prémunir contre une pensée pré-ordonnée. Il est bien plus facile d’identifier ce que l’on croit déjà connaître et de ranger des intermédiaires dans les cases préconstruites de nos concepts. Il ne s’agit pas non plus pour le sociologue de reproduire la réalité dans un texte et de le figer, mais de produire un texte qui se mette en continuité avec le social, qui entre dans la circulation et qui se rend « utile à ceux qui ont fait l’objet de l’étude » (p. 233). Il doit rendre compte d’acteurs agissants, de médiateurs, et de médiations en tant qu’entité circulante. Cette entité est ce qui va finalement constituer une unité, car pour Latour, la sociologie est aussi une « science de la vie ensemble », expression qu’il reprend de Laurent Thévenot (p. 374). Ainsi, un bon compte-rendu est un compte-rendu qui parvient à être médiateur, un texte qui de l’événement du social, s’étend à un « événement de la lecture » (p. 194). Plus on arrive à accroître le nombre de médiateurs et plus on accède à une grande précision et une grande complexité du social. C’est par cette discipline de l’activité scientifique que la science fait acte politique. En faisant œuvre de rigueur désintéressée, elle se rend utile aux acteurs qui pourront y trouver les moyens de redéfinir leur vivre ensemble et recomposer les faisceaux de leur persistance.
« s’en tenir strictement à la description garantit contre le risque de transmettre des explications… » (p. 199)

Paragraphe critique :
De manière générale, et après avoir fait l’expérience d’auteurs jargonneux depuis plusieurs semaines, Changer de société a été une lecture plaisante et ludique, j’ajouterai même amusante. L’écriture originale de Latour interpelle le lecteur à la manière d’un Woody Allen s’adressant à son public via l’écran de cinéma ou d’un Howard Becker conversant avec ses étudiants via ses manuels d’enquête et autres guides d’écriture des sciences sociales[2]. Latour parle directement à ses lecteurs et bien qu’on ne puisse établir de dialogue, il parvient à engager une certaine forme de discussion. L’interlude, à mi-parcours de sa théorie, mettant en scène un professeur et un étudiant, entre parfaitement dans cette logique théâtrale de mise en situation socratique. Latour bouscule le sens commun sociologique et perturbe le confort des balises conceptuelles. Il réintroduit l’inconnu nécessaire à toute enquête sociologique. C’est l’attitude que préconisent aussi les méthodologues de la théorisation ancrée (Cf. A. Strauss et J. Corbin) qui cherchent à découvrir, à innover plutôt qu’à confirmer des théories existantes. Latour pousse certes plus loin la notion d’inconnu en faisant tomber les frontières même du vivant et donc du social. 
Au fur et à mesure de la lecture m’est apparu le visage familier de mon directeur de mémoire de premier cycle. Sans le savoir, car c’est la première fois que je lis Latour, il m’avait transmis ces quelques principes présentés plus haut. C’est pourquoi, je crois, j’ai appréhendé cette sociologie avec une certaine sympathie. « Ne cherche pas ce qui est caché, les non-dits, ne cherche pas en « profondeur », ne te fie qu’à la surface des choses, ce qui t’est donné à voir, car il n’y a rien d’autre ». Tels étaient les conseils de mon directeur au moment d’analyser les quelques entrevues de ma première enquête de terrain. Je me suis souvenue aussi de l’étude des « microbes » dans la liste bibliographique de son « TD textes ». J’avais choisi pour ma part « L’œuvre d’art » de Walter Benjamin et j’ai eu à comprendre la notion d’aura derrière les vieilles photos. Très peu pour la surface des choses. Et pourtant, Benjamin voyait dans la technicité moderne, la reproductibilité des objets, une possibilité d’émancipation sociale. L’objet technique se faisait pleinement médiateur, agissant sur la conscience et la prise de conscience. Benjamin aurait-il devancé Latour sur la perception du pouvoir des actants ? C’est peut-être la raison pour laquelle il est toujours resté en marge de l’École de Francfort, trop à l’avant-garde de la théorie critique.
Toutefois, je ne pense pas qu’il faille prendre au premier degré la question des actants, des objets médiateurs, comme une symétrie contre laquelle il nous met en garde plus d’une fois. Car c’est en effet ce que l’on retient de la sociologie de Latour et ce que l’on connaît de lui sans l’avoir lu or l’introduction des choses, des actants, dans l’étude sociologique constitue-t-elle une réelle révolution ? La description que préconise Latour doit, au contraire, pouvoir réassembler des associations entre acteurs et actants qui ont leur propre place et valeur explicites. Il s’agit d’aiguiser le regard, d’être attentif à l’étrangeté, mais aussi de faire preuve de bon sens. Un caillou reste un caillou. La platitude du monde social doit favoriser l’émergence de plis et de rebonds aux yeux du sociologue. Ce n’est pas le social en soi qui est plat. La platitude est un mode d’appréhension et non une théorie sur le social. Latour se garde bien, d’ailleurs, de donner une théorie explicative et c’est bien là l’intérêt de son ouvrage. Je saisis donc l’aspect de l’actant avec un peu plus de modération et je suis prête à intégrer plus volontairement ces nouveaux éléments dans mes observations. Peut-être le faisais-je déjà dans mes recherches en interrogeant le caractère visible et invisible d’une identité spécifique, de noms qui se portent et apparaissent dans l’espace public, en l’occurrence le « Noir » et le « Juif ». Sans vouloir trop m’étaler sur cette question qui fera sans doute l’objet de ma thèse, la visibilité du noir que Franz Fanon oppose dans Peau noire, masques blancs (1952)[3] à la fluidité, à l’inconstante de la « surdétermination » du Juif que décrit Jean-Paul Sartre dans les Réflexions sur la question juive (1946), est plus qu’une relation de noms et d’apparaîtres intermédiaires et porteurs de sens. Fanon souligne et insiste sur l’existence de l’objet « noir » comme ayant une capacité d’action et de réaction en soi. Ainsi, les choses peuvent avoir une matérialité autre qu’une coquille saint-jacques ou une pipette qui sont, elles, clairement identifiables comme des non-humains. La chose, comme actant, ne pourrait-elle pas aussi être non-social no1 en étant une chose qui se fait chose par sa visibilité objective ? La peau noire serait comparable à un chapeau sur la tête, et ainsi de suite pour tout ce qui « apparaît » et qu’on identifie généralement comme faisant partie du système de représentation de l’idéologie raciste. En faisant ainsi référence à une pré-explication de la condition décrite par Fanon, je trahis déjà le premier principe de la sociologie de l’acteur-réseau.
Ce que j’apprécie moins dans le principe d’aveuglement du termite, pour reprendre l’image de Latour, c’est le caractère constant de ce renouvellement. J’aime et j’apprécie la valeur de la naissance et de l’inédit propre au social, mais la naissance est un événement qui survient toujours quelque part, à un moment donné dans un lieu donné. Il n’y a pas de commencement pur. La naissance survient dans la contingence, mais surtout dans le mouvement. La naissance est un mouvement à l’intérieur du mouvement et n’a pas d’origine fixe, immobile. C’est pourquoi un travail sociologique qui naît tout d’un coup dans l’observation et le compte-rendu sans possibilité de comprendre ce que l’on observe dans son contexte est difficile à concevoir. Une sociologie qui ne peut se soutenir sur aucun acquis est une sociologie qui se rend esclave d’elle-même et se destine à recommencer chaque jour en perdant la mémoire de la veille. C’est parfois ce que l’on peut ressentir et percevoir de l’acharnement à l’a-théorie de Latour. Mais je n’en ferai pas une critique radicale, car je ne pense pas que Latour préconise un renouvellement permanent. Il fait en effet mention de cette problématique et dit se servir de ses acquis dans la mesure où ils ne réduisent pas ce qu’il décrit à ce qu’ils décrivent déjà.
La notion de réseau reste encore à mettre à l'épreuve, car il m’est toujours difficile, arrivée à la conclusion de l’ouvrage, de saisir sa pertinence méthodologique. La lunette du réseau n’est pas encore ajustée à mes yeux et je ne suis pas persuadée de vouloir adopter ce verre correcteur pour n’appréhender le social qu’en terme de réseau de connexions. Je ferai le pari de ma propre capacité à m’adapter aux exigences de la discipline et à la justesse du regard selon des représentations et une terminologie plus proches de mon imaginaire.
La question du politique et de la participation du travail sociologique à l’assemblage de ce qui constitue momentanément un vivre ensemble reste relativement floue. Latour en est d’ailleurs conscient, mais nous laisse par conséquent sur notre faim, voire sur un sentiment de frustration de ne pouvoir saisir l’intention d’une telle politique. Elle reste à découvrir.


[1] BARTH Fredrik. ([1969]1995) « Les groupes ethniques et leurs frontières », in POUTIGNAT Philippe et STREIFF-FENART Jocelyne. Théories de l’ethnicité, Paris, Presses Universitaires de France, pp. 203-249.
[2] Howard S. Becker. ([1998]2002) Les ficelles du métier. Comment conduire sa recherche en sciences sociales, Paris, La Découverte, (trad) ; Howard S. Becker. ([1986]2004) Écrire les sciences sociales. Commencer et terminer son article, sa thèse ou son livre, Paris, Economica (trad).
[3] « Le Juif peut être ignoré dans sa juiverie. Il n’est pas intégralement ce qu’il est. On espère, on attend. Ses actes, son comportement décident en dernier ressort. C’est un Blanc, et, hormis quelques traits assez discutables, il lui arrive de passer inaperçu (…) Le Juif n’est pas aimé à partir du moment où il est dépisté. Mais avec moi, tout prend un visage nouveau. Aucune chance ne m’est permise. Je suis sur-déterminé de l’extérieur. Je ne suis pas l’esclave de « l’idée » que les autres ont de moi, mais de mon apparaître » (Fanon, 1952 : 93)

Babillages

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Alors ici, mes futures chaussures, paire coup de coeur, à bientôt essayer sur la piste de danse (très grand sourire sur la figure) dans une petite dizaine de jours. Et !! C'est un gracieux cadeau de ma bonne amie Marie et de mes grands-parents, ce qui me fait super dupper plaisir. Donc merci mille fois !







Et puis je me suis fait coupée les cheveux. Et ça donne la même chose qu'avant, mais plus court. Et je dois dire que la photo, pour une fois, me réussit plutôt bien.






Comme geek du cheveux, voilà quelques photos que j'ai accumulé pour trouver des idées de coupe :

Zoey Deschanel ; Nakashima Mika ; Nathalie Imbruglia ; Natasha Hamilton ; Aiko


... à suivre